PG et VG. Deux sigles qui, pour beaucoup, résonnent comme un jargon réservé aux initiés de la vape. Pourtant, derrière ces lettres se cachent les rouages essentiels de votre cigarette électronique. PG, pour propylène glycol, et VG, pour glycérine végétale : ces liquides transparents, inodores, sont au cœur du e-liquide, ce fameux jus chargé de nicotine et d’arômes qui alimente votre expérience. Savoir jongler entre PG et VG, c’est transformer une simple bouffée en un véritable choix d’expérience.
Ces deux composants appartiennent à la grande famille des alcools, mais ne cherchez pas l’ivresse : leur rôle n’a rien à voir avec les soirées arrosées. Le propylène glycol, fluide, sans couleur ni odeur, se retrouve dans notre alimentation, où il sert à sublimer les saveurs. À côté, la glycérine végétale, plus dense et naturellement douce, provient des huiles végétales. Tous deux sont largement utilisés dans les cosmétiques ou les additifs alimentaires, et la FDA les classe parmi les substances à faible risque. Mais pour la vape, ce qui compte, ce sont leurs différences concrètes. Voilà pourquoi il faut comprendre comment ces pourcentages de PG et VG influencent le jus de votre cigarette électronique.
PG vs VG : les différences qui comptent
PG et VG servent de base à votre e-liquide, maintenant la nicotine et les arômes en suspension pour que la vapeur se forme. Mais leurs propriétés les séparent nettement, et chaque détail a son importance :
- PG, plus fluide que VG : Grâce à sa consistance légère, le PG s’infiltre facilement dans les atomiseurs, là où la VG, plus épaisse, circule moins vite.
- Encrassement : VG, par sa densité, a tendance à laisser des résidus, ce qui implique un entretien régulier des réservoirs, contrairement aux liquides à base de PG.
- Sensation en gorge et goût : Le PG offre ce fameux « hit » en gorge, proche de celui du tabac traditionnel. Il transmet aussi mieux les arômes. À l’inverse, la VG adoucit la sensation et apporte une pointe de douceur, mais les saveurs paraissent souvent plus atténuées.
- Résistance à la température : Les liquides riches en VG résistent mieux à la chaleur et réclament donc une puissance plus élevée pour s’exprimer pleinement.
- Production de vapeur : Les adeptes de gros nuages privilégient la VG : elle produit des volutes denses, là où le PG reste plus discret. Mais l’excès de vapeur peut diluer les saveurs.
- Compatibilité avec l’atomiseur : Le PG traverse rapidement la mèche, réduit l’encrassement et limite l’usure. La VG, elle, peut ralentir l’absorption, user plus vite les résistances et réclamer des nettoyages fréquents.
- Réactions allergiques : Certaines personnes peuvent présenter une légère réaction au PG, tandis que la VG est généralement bien tolérée.
Comprendre les pourcentages PG/VG
Sur le marché, on trouve de tout : du 100 % PG ou VG, mais la majorité des e-liquides proposent un mélange. Chaque ratio donne une expérience différente. Plus le PG domine, plus la sensation en gorge se rapproche de la cigarette classique. Les amateurs de nuages massifs, eux, misent sur la VG.
- 80/20 (PG/VG) : Ce mélange, pauvre en vapeur mais fort en hit, s’avère parfait pour ceux qui cherchent une sensation intense et une utilisation sans tracas pour leurs atomiseurs.
- 60/40 (PG/VG) : Un compromis pour ceux qui veulent une bonne vapeur mais sans sacrifier le hit en gorge.
- 50/50 (PG/VG) : L’équilibre. Associé à une forte dose de nicotine, il peut s’avérer puissant en gorge tout en restant modéré côté vapeur. La ressemblance avec la cigarette se fait plus marquée.
- 40/60 (PG/VG) : On commence à entrer dans le territoire des nuages généreux, tout en conservant un bon ressenti en gorge. Un mélange qui assure une expérience riche sans tuer la saveur.
- 20/80 (PG/VG) : À ce ratio, la vapeur devient dense mais le hit disparaît presque. Le goût sucré de la VG domine, mais l’arôme se fait timide. Ce type de mélange est souvent choisi par ceux qui utilisent des atomiseurs reconstructibles, notamment en RDA.
Quel pourcentage choisir ?
Aucune formule magique ne s’impose. La vape, c’est avant tout une affaire de préférences personnelles. Certains ne jurent que par la puissance du hit, alors que d’autres ne voient d’intérêt qu’au spectacle des gros nuages. Si la sensation en gorge vous manque, privilégiez le PG. Si c’est la production de vapeur qui vous motive, la VG prend le dessus.
Quel ratio selon le matériel ?
Le choix du mélange dépend aussi du type de matériel utilisé. Voici comment s’y retrouver :
Atomiseurs à bobine supérieure : Ces modèles plus anciens fonctionnent avec des mèches installées en haut du réservoir, qui absorbent mieux les liquides fluides. Ils sont donc faits pour des jus riches en PG, comme le 100 % PG ou le 80/20 PG/VG. Si le liquide est trop épais, la mèche n’absorbe plus et le goût s’en ressent.
Bobine inférieure : Toujours parmi les premiers modèles, ces vapes disposent d’une mèche placée en bas, aidée par la gravité. L’absorption est plus facile, mais il faut aussi privilégier des liquides pas trop épais.
Atomiseurs sub-ohm : C’est le standard actuel. Ces appareils tolèrent des ratios élevés de VG. Les résistances inférieures à 1 ohm et des canaux larges facilitent l’utilisation de liquides épais, à condition de fournir assez de puissance.
Chaque type de jus réclame aussi un réglage de puissance et de température spécifique, car chaque arôme se vaporise différemment. Si vous visez la meilleure restitution des saveurs, choisissez un appareil à puissance variable, comme les mods. Commencez toujours avec une puissance basse, puis augmentez progressivement jusqu’à trouver le point où les saveurs s’expriment au mieux. Un parfum peut s’épanouir à 20W, un autre à 30W : il n’y a pas de règle universelle.
La VG, de son côté, demande une température plus élevée pour donner toute sa mesure, alors que le PG supporte mal les watts trop élevés : il brûle vite, et le goût en pâtit.
Adapter le mélange PG/VG à l’objectif recherché
Le choix du ratio PG/VG permet de modeler l’expérience selon vos envies spécifiques. Voici quelques exemples pour s’y retrouver :
Sensation en gorge marquée : Les anciens fumeurs ou ceux qui cherchent un ressenti puissant opteront pour des ratios élevés en PG.
Vape discrète : Pour ceux qui veulent rester discrets, notamment en public, plus de PG, moins de vapeur. La VG attire l’attention avec ses gros nuages.
Douceur à l’inhalation : La VG adoucit le passage en gorge. Mais attention, trop de puissance peut provoquer des dry hits désagréables et abîmer la résistance.
Nuages abondants : Les rapports riches en VG sont taillés pour les amateurs de performances visuelles, sans compromis sur la densité de vapeur.
Maîtriser ces différences entre PG et VG, c’est s’ouvrir la porte à une vape sur-mesure. Restez vigilant sur la puissance utilisée : trop de watts avec du PG, et c’est le goût de brûlé assuré. Trop de VG sans assez de chaleur, et les saveurs s’effacent. Un fois ces subtilités apprivoisées, la vape devient une partition à composer selon vos envies. La prochaine fois que vous remplirez votre réservoir, vous saurez exactement ce que vous cherchez, un hit franc, un nuage enveloppant, ou ce juste équilibre qui rend la vape si singulière.


